epea03 : des regards, une Europe

Première halte pour l’European Photo Exhibition Award 03 à la Fondation Calouste Gulbenkian à Paris. Ce projet en est à sa troisième édition et son envergure européenne permet à de jeunes photographes invités de s’exprimer sur un thème d’actualité.

epea03 est européenne de par les commissaires et les artistes issus de toute l’Europe — pour en citer que quelque-uns : Margarida Gouveia du Portugal, Eivind H. Natvig de Norvège ou encore Marie Sommer de France — du fait également des oeuvres représentant un territoire, une société, une culture commune induites par un thème qui est pour cette édition « Shifting boundaries. Landscapes of Ideals and Realities in Europe. ». L’itinérance de l’exposition dans plusieurs pays de ce territoire ne fait qu’appuyer cette volonté citoyenne allant au-delà des frontières des pays pour la représenter.

Ils sont 12 jeunes photographes et chacun à leur manière — en fonction de leur parcours, âge, nationalité, etc. — ils ont photographié leur Europe — espace à histoire forte construite, modelée et fractionnée au fil des années. À travers, le mot clé « frontière », ces artistes offrent 12 visions de ce qui leur est commun, l’interprètent de multiples façons pour faire naître une création unique appelant à la réflexion et faisant ressortir chez chacun des questionnements.

Sans titre #5, de la série X, Y and Z and Another One for Luck, 2016 / Margarida Gouveia / Courtoisie de l’artiste

The Mirror Game, 2016, Sans titre #5, de la série X, Y and Z and Another One for Luck, 2016 / Margarida Gouveia / Courtoisie de l’artiste

Cette approche d’une Europe contemporaine aborde des problèmes sociaux comme avec Marie Hald qui, après son immersion dans le quotidien de jeunes femmes en Pologne, a dévoilé « The Girls from Malawa », une série photographique touchante et remplie de sensibilité ; ainsi que territoriaux, économiques ou bien psychologique et mentale ; Dominic Hawgood travaille sur ce sujet en mettant en avant les effets de modifications de perception et de conscience après l’absorption de substances hallucinogènes où la frontière n’est alors qu’une notion abstraite et son abolition est de suite décrétée.

The Girls from Malawa, 2015 / Marie Hald / Courtoisie de l’artiste

The Girls from Malawa, 2015 / Marie Hald / Courtoisie de l’artiste

On ressent qu’il existe une véritable identité européenne, ici traduite à travers l’art. Toute identité se construit et s’identifie par l’intermédiaire d’une culture, il existe bien une Europe de la culture même si elle n’est pas forcément institutionnalisée. Différents acteurs et initiatives privées comme les Fondations dans ce cas présent s’engagent dans des projets ambitieux, vecteurs de valeurs cruciales pour qu’une unicité se crée et qu’une cohésion se dégage. Ces initiatives permettent d’offrir un espace de dialogue entre artistes, entre citoyen d’Europe autour d’un thème on ne peut plus d’actualité. La frontière symbole de tant de tensions, cette ligne plus ou moins palpable peut être un point de discorde ou d’union — même si nous pourrions oublier ce dernier — suivant les acteurs qui l’entretiennent et/ou la détruisent. C’est cette communion autour d’un même thème qui fait émaner une variété de points de vues ne pouvant qu’être espoir dans cet avenir incertain.

Casting Out the Self, 2016 / Dominic Hawgood / Courtoisie de l’artiste

Casting Out the Self, 2016 / Dominic Hawgood / Courtoisie de l’artiste

La Fondation Calouste Gulbenkian à Paris s’illustre une nouvelle fois dans une exposition de qualité avec cette belle initiative européenne. Plus qu’un souhait : que cela se perpétue. epea04, rendez-vous dans 2 ans !

Photo de couverture : Kumrovec Library, 2015, Marie Sommer, Courtoisie de l’artiste

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