Cy Twombly, tout dans le geste

Majeur, unique, foisonnant… quelques mots pour essayer de résumer le travail et la rétrospective qui a lieu en ce moment au Centre Pompidou de l’artiste Cy Twombly. Défi qu’est de rendre compte de son oeuvre, connue visuellement pour certains ou seulement évocatrice par la prononciation de son nom pour d’autres. En tout cas, le voile est levé pour une approche enrichissante et galvanisante.

L’immensité de la majorité des toiles présentées impressionne, nous fait lever la tête et nous prenons systématiquement du recul pour davantage apprécier l’oeuvre dans son ensemble. Aller au plus prêt et se focaliser sur des détails, qui dans le travail de Cy Twombly n’en sont pas, est essentiel. Chaque geste, chaque couleur utilisés font sens dans ce tourbillon de forme qui appelle à nous-y engouffrer. La prise de distance énoncée permet d’avoir une vision plus globale et offre une histoire qui relie les séquences « lues » lors des focus.

Jamais sous l’oppression, cette sensation est écartée. En effet, les grands espaces offrent une déambulation aérée, sans réelles surprises mais sans fausses notes. La place est entièrement donnée aux oeuvres, pour qu’elles puissent s’exprimer sans entrave, peut-être dans le « trop » hermétique, ne favorisant pas un dialogue limpide entre chacune des découvertes. À ne pas oublier, à mi-parcours de l’exposition, la très belle proposition scénographique avec le socle à trois niveaux donnant en arrière-plan sur la vue panoramique époustouflante de ce dernier étage du Centre Pompidou. Les sculptures qui y sont exposées n’auraient pu être davantage mises en avant, ce jeu par les volumes n’en lèse aucune et souligne chaque détail. Le contraste entre le blanc exposé et le ciel (bleu lors de notre visite) est un spectacle, n’ayons pas peur des mots : magique.

Dès le début la sérénité caractérise son travail, le geste, loin d’être brouillon et porter par une sorte d’élan énergique, est maîtrisé. Ce décalage, entre ce que l’on irait à penser au premier abord et la réalité de la démarche artistique de Cy Twombly, pousse à en savoir plus sur l’artiste. Les références savantes sont récurrentes notamment avec Achille Mourning the Death of Patroclus et School of Athens. De plus, il pose sur la toile, avec cette écriture/peinture ses sentiments personnels, les épreuves qu’il traversera.

Fifty Days at Iliam Shield of Achilles, 1978, partie 1.
Courtesy of Philadelphia Museum of Art, Philadelphie/Cy Twombly Foundation

Cette rétrospective « classique » du fait de l’approche chronologie permet de cerner l’artiste, ses évolutions, ses choix et ainsi d’être en mesure de représenter des oeuvres incontournables tout comme laisser la place à des surprises avec des oeuvres moins connues et inédites. Souvent plusieurs strates de visions et de lectures sont présentes dans les oeuvres de Cy Twombly. Chacun s’appropriera ou s’inventera la sienne.

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